Entretien avec Louis Fouché - mars 2025/Transcription 3

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Dieudonné

Bon, je continue dans concrètement: comment faire ?

Donc cette diapo, c'était la dernière que j'avais utilisée en 2018.

Je pointais vers le site CerclesRestauratifs.org, dans lequel, aujourd'hui, on indique comment créer un groupe de pratique et de recherche.

On a mis un kit de démarrage, voilà. Et puis on a créé aussi à un forum basé sur framavox. Pour que l'on puisse poser des questions dans toute la francophonie et avancer ensemble autour de cette manière de fonctionner.

Louis

Et trouver des copains près de chez soi, parce que parfois, c'est pas dans le cercle immédiat dans lequel vous vivez. Vous vous dites :

« Avec qui, je vais bien pouvoir faire un cercle de pratique et de recherche, un Cercle Restauratif ? Je vois pas. »

Et en fait, la réalité, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui sont préoccupés par ce qui nous touche aujourd'hui.

Mais on ne les voit pas.

Et donc, le forum, il est utile pour ça.

Dieudonné

Il y a un atlas où on peut à la fois voir les groupes déjà existants, les plus proches de chez soi.

Et puis aussi, on peut en créer un et l'indiquer sur cet atlas en disant, voilà, moi, je suis partant.

Ou sur le forum, on peut dire, voilà, je suis partant dans telle région.

J'aimerais créer un groupe de pratique et de recherche.

Est-ce qu'il y a d'autres personnes intéressées dans la région ?

On peut créer des sous-groupes dans le groupe framavox.org.

Ou on peut créer un groupe complètement différent.

Sur notre région, là, sur Bordeaux, on a créé un groupe framavox pour les participants à notre groupe de pratique.

Et il y a une soixantaine de participants à ce groupe framavox de la région.

Et puis, on est toujours au moins une dizaine à se rencontrer une journée par mois.

Voilà, de 10 heures à 17 heures.

On fait une journée par mois avec auberge espagnole.

Louis

Dans les groupes qui existent à la faveur du Covid, grâce à la beauté qui a été contactée grâce à cette crise et à cette souffrance.

De nombreux groupes qui se sont retrouvés, au départ pour manifester, pour aller dans la rue, pour faire des choses qui étaient en contradiction avec le système.

Mais qui maintenant ont peut-être besoin d'un autre carburant.

Ce carburant, c'est d'essayer de construire de la paix, d'essayer de faire de la permaculture ensemble, de mettre les pieds comme les petits Pygmée qu'on voit à côté.

C'est plus rigolo que d'aller se battre.[rires]

Et donc, à tous ceux qui auraient envie de construire, de créer ça, vous voyez qu'il y a des ressources disponibles et il y a déjà tout ce qu'il faut pour se rencontrer.

Dieudonné

Voilà.

Donc, après que tu m'aies proposé cet enregistrement qu'on est en train de faire ensemble, j'ai ajouté trois diapos pour illustrer un peu les questions que j'ai déjà esquissées là tout à l'heure.

C'est comment on crée un système restauratif.

Et là, j'ai parlé de ces trois cercles.

Donc, parce que souvent, on parle des cercles restauratifs, mais en fait, on parle d'un de ces trois cercles-là qui sont affichés.

Le premier, c'est le système restauratif.

Et on va voir qu'il y a trois questions simples pour créer ce système restauratif.

Après, il y a le processus restauratif sur lequel on se sera accordé, qui contient les avant-cercles, le cercle et les après-cercles.

Et puis, il y a le cercle physique lui-même, où on se retrouve tous ensemble physiquement, ou dans une visio, ou le moyen qu'on aura choisi.

Donc, pour créer un système restauratif, nous, on parle de “trois questions systémiques” qui sont toutes simples.

Pareil, l'idée, c'est de rester très accessible.

Et les trois questions, je vous les ai déjà dites tout à l'heure, c'est quand survient un désaccord, une tension ou un conflit, qu'est-ce qu'on fait d'habitude qui marche ?

Qu'est-ce qu'on fait d'habitude qui ne marche pas si bien ?

Et comment on rêverait que ça se passe ?

Donc, c'est tout bête.

Et j'insiste sur le rêve, parce que comme en permaculture, c'est souvent l'étape qui est la plus négligée, alors que c'est la plus importante.

C'est vraiment le moment de se décloisonner le cerveau, et d'oser rêver grand, parce que ça peut devenir quelque chose de très très beau, dans sa communauté, de très important.

Quelque chose dont on peut devenir très très fier, que ça existe, très très heureux que ça existe dans notre groupe.

Voilà.

Donc, si on veut savoir plus à la source, Dominic Barter a un site anglophone.

Voilà.

Et puis, maintenant, je vais balayer, si vous voulez, si tu veux, Louis, des exemples qui ont marché, puisque c'était une des questions que tu m'avais posées, tu m'avais dit de donner des exemples qui ont marché.

Et là, pour aller chercher ces exemples, j'ai repris la phrase que je vous ai donnée, c'est-à-dire avec les trois mots clés, la sécurité, intensité et beauté.

Et puis, j'ai été rechercher qu'est-ce qui, depuis que j'avais découvert cette approche, avait marché pour moi, dans lequel j'avais été impliqué directement ou indirectement.

Alors, le premier exemple, ça a été un cercle restauratif à moitié simulé pour une tension que je vivais avec notre fils, qui, à l'époque, avait 25 ans, par là.

Et il vivait à la maison, et il passait beaucoup de temps à jouer à des jeux en réseau, et j'étais assez désespéré de ça, parce que ça ne m'inspirait pas confiance qu'il allait trouver un métier qui lui plairait.

Et donc, je lui mettais la pression.

Je me disais que si je lui mets la pression, ça va l'aider à sortir du nid.

Et en fait, ça ne marchait pas du tout, mais je ne m'en rendais pas compte.

J'observais juste désespéré de voir que nos relations se dégradaient, mais que je n'obtenais pas du tout le résultat que je cherchais.

Et jusqu'à ce que je fasse ce cercle restauratif à moitié simulé, dont l'objectif au départ n'est pas de résoudre la tension, avec l'exemple qui est apporté.

Au départ, un cercle à moitié simulé, ça a été conçu pour s'entraîner à faciliter un cercle, ce n'est pas pour résoudre les conflits.

Mais là, il se trouve que souvent, il y a des effets secondaires positifs.

Et là, moi, ça m'a permis de prendre conscience que Loïc, en fait, était déjà assez stressé comme ça, et que les airs détendus qu'il prenaient, c'était juste une manière de masquer la souffrance dans laquelle il était lui-même déjà.

Et pourtant, j'avais des indices que je ne voyais pas, comme le fait qu'il se rongeait les ongles, par exemple.

Et grâce à ce cercle à moitié simulé, j'ai pu en prendre conscience, et puis j'ai pu revenir après vers lui en lui disant, écoute, Loïc, j'ai pris conscience que tu vivais déjà assez de stress comme ça, que ce n'était pas à peine que j'en rajoute.

Et il m'a répondu : « Ah ben, il était temps ! » [rires]

Et donc, je lui ai dit, maintenant, je vais te foutre la paix, je vais te laisser tranquille, tu auras toujours le gîte et le couvert à la maison, tu auras toujours cette sécurité-là, parce que je te préférerais toujours plutôt à la maison que sous un pont.

Mais en tout cas, je vais arrêter de te mettre la pression, je vais te considérer comme pleinement responsable de tes choix de vie à partir d'aujourd'hui.

Et de fait, dans les semaines qui ont suivi, il s'est trouvé un boulot et il a commencé à mettre le pied à l'étrier de sa vie professionnelle et d'un métier qu'il aime aujourd'hui, de développeur en informatique.

Je dis en blaguant que je ne me doutais pas quand je l'empêchais de jouer à sa Game Boy quand il était petit, que je l'empêchais de se préparer à son futur métier.

Voilà. [rires]

Et alors, le truc que je veux indiquer là, qui m'a aidé dans cette étape, ça a été Byron Katie, qui est une autre manière d'illustrer ces trois mots-clés, sécurité, intensité, beauté, parce qu'elle propose un travail sur son site TheWork.org, qui est traduit en français aussi, et qui est extrêmement puissant.

Donc, ceux qui ne connaissent pas, je vous recommande d'aller voir son site.

Il y a plein de vidéos qui sont traduites en français aussi.

Et je peux confirmer, donc, une des phrases qu'elle dit, « nos proches sont nos meilleurs éducateurs », j'en fais l'expérience tous les jours.

Voilà.

Elle a écrit un bouquin en 2003, qui a été traduit en français en 2018, en “Aimer ce qui est”.

Un autre exemple qui marche, qui a marché, c'est le cercle restauratif intérieur.

Tu me coupes, Louis, toujours, si tu as envie.

Louis

Oui, oui.

Dieudonné

Le cercle restauratif intérieur, c'est une déclinaison des cercles restauratifs à moitié simulés qu'on a explorés dans notre groupe de pratique et de recherche.

Là, la personne qui amène la situation, qui va servir de support pédagogique, c'est une situation un peu particulière parce que c'est un conflit entre différentes parties de soi, entre différentes parties d'elle-même.

Elle vit une situation conflictuelle intérieure.

Elle a réussi à identifier différentes parties d'elle-même et elle offre ça comme support pédagogique.

Donc, c'est très impliquant parce qu'on expose une vulnérabilité très personnelle aux autres.

Mais à chaque fois qu'on a osé le faire, ça a été vraiment très apprenant pour tout le monde.

À la fois pour la personne qui amenait sa situation et pour les autres qui étaient présents, aussi.

Voilà.

Les mises en œuvre du principe de co-responsabilité financière.

Donc ça, Louis, tu en as fait l'expérience aussi.

Est-ce que c'était à l'occasion d'une session avec…

Louis

Oui, à la Ciotat, déjà, on avait fait ça, « sit around the money pot », s'asseoir autour du pot d'argent.

Et chacun était responsabilisé à dire combien il veut prendre, combien il veut donner, combien il a besoin et combien il pense que c'est juste que de donner pour lui.

Donc ça, c'était loin du modèle habituel d'un prix fixe où il y a 20 euros, la conférence, je ne sais pas quoi, ou 15 euros.

Non, chacun faisait ce qu'il voulait.

Il n'y avait pas que vous qui étaient susceptible de puiser dans le pot d'argent.

tu nous avais rappelé que Coluche faisait ça chez lui aussi ?

Dieudonné

J'avais oublié.

Louis

Il laissait toujours un pot d'argent disponible pour les gens qui venaient.

Dieudonné

Et à chaque fois qu'on l'a vécu aussi, ça a été vachement puissant parce qu'autour de l'argent aussi, il y a plein de crispations émotionnelles qui viennent se greffer.

Et c'est en fait, c'est pareil, une magnifique porte d'entrée vers des déblocages, en fait, très souvent.

Donc ça, on peut témoigner qu'on l'a vécu souvent.

Voilà.

L'oasis du Coq à l'âme, donc c'est un oasis qui s'est créé dans l'inspiration des oasis de Pierre Rabhi.

Et là, les participants, les pionniers de cette oasis ont participé pendant plusieurs années à notre groupe de pratique et de recherche.

Et donc, ils se sont outillés pour être plus robustes, pour traverser les turbulences auxquelles ils savaient qu'ils seraient inévitablement exposés.

Donc, un exemple encore de ce qui a marché.

Là, on passe dans le domaine de l'éducation.

Donc, je ne vais pas m'étendre beaucoup.

Ce serait bien que tu aies l'occasion de demander à Nathalie de te raconter comment ça a marché puisque elle, elle a été instite pendant 20 ans et qu'elle continue à être active.

Là, tout récemment, on a été à Libourne, au lycée de Libourne encore.

On y était ensemble, elle m'a demandé de l'accompagner pour permettre d'expérimenter des cercles à moitié simulés là-bas.

Voilà.

Louis

D'autant que vraiment, la classe et l'école sont un cercle de sécurité par nature qui supplé au cercle familial et qui est parfois plus sécurisant que le cercle familial pour certains et où on peut expérimenter en plus plein d'autres choses que les ordres hiérarchiques déjà établis par l'histoire familiale, etc.

Donc, pour moi, l'école est un super prétexte pour aller parler des cercles restauratifs et en plus, comme d'habitude, ça va infuser pour toute une vie ensuite les enfants qui auront pu avoir accès à ça.

Dieudonné

Et donc, je te dis, à mon avis, ça mériterait un entretien spécifique sur ce thème-là et de préférence avec Nathalie parce qu'elle connaît beaucoup mieux ce milieu que moi.

Moi, je suis encore un peu traumatisé par l'école.

Il vaut mieux pas que j'en parle. [rires]

J'en profite pour dire que les liens en bleu, enfin, les mots en bleu sont des liens et donc, on peut cliquer dessus pour en savoir plus sur chaque sujet.

Et donc, si je t'ai donné le PDF, tu pourras le partager de ce diaporama.

Alors, un autre très bel exemple là, de ce qui a marché et qui est en lien directement avec ce qu'on a découvert, c'est l'expérience de Fabrice Gand, donc, qui est un ami. Un ami qui, qui au départ était musicien d'orchestre et qui un jour a décidé de réorienter sa vie plus dans la direction de ce qu'on est en train de décrire.

Il est devenu médiateur en CNV et ensemble, on a été donner des sessions de communication non-violente en maison d'arrêt en centre de détention. Et lui, il lui est venu à cette occasion l'idée d'emmener pendant cinq jours cinq détenus cinq élèves de Sciences Po de Bordeaux parmi lesquels il y aura plus tard peut-être des magistrats susceptibles de prononcer des peines de prison et des surveillants pour les accompagner.

Voilà, sur des chemins de Compostelle pendant cinq jours, cinq détenus cinq étudiants et cinq surveillants pendant cinq jours sur des chemins de Compostelle et il en a fait un documentaire qui s'appelle “A égalité une justice en chemin” et que vous pouvez voir là à travers les liens en bleu que j'indique sur le diaporama.

Voilà, au départ c'était sur Vimeo, mais Vimeo, a…, comment dire, n'a plus fonctionné donc maintenant c'est sur Peertube qui est une alternative libre à YouTube qui mérite d'être connue.

Alors ça c'est aussi un autre exemple qui a marché qui me touche de tout près puisque j'ai vécu une situation conflictuelle à Air France assez intense qui m'a valu de m'endormir et de me réveiller avec ce sujet pendant cinq jours et de ne pas voler pendant cinq jours.

Et à l'issue de ça j'ai bénéficié d'un cercle à moitié simulé qui m'a permis de recontacter l'humanité des personnes avec qui j'imaginais que j'étais en conflit et ça m'a donné assez confiance en moi pour aller à leur rencontre. Et la confiance a été rétablie.

Et à la suite de ça, donc, le directeur des opérations aériennes Eric Schramm, à l'époque, qui était quand même le patron de 20 000 personnes m'a confié, à un collègue à moi, il nous a confié la création du CIRP à Air France qui existe toujours aujourd'hui, avec qui je suis toujours en lien qui est un un protocole pour prendre soin des collègues qui ont été exposés à un événement potentiellement traumatisant.

Voilà. C 'est quelque chose qui existait déjà dans d'autres compagnies aériennes notamment en Allemagne et aux Etats-Unis d'abord, puis en Allemagne, puis chez KLM et puis donc c'est venu petit à petit à Air France.

Et aujourd'hui Air France est assez fière de ça, parce que ça permet à des collègues qui ont vécu un truc dont potentiellement ils peuvent rester traumatisés si personne n’en prend soin et qui est passé sous le radar.

Ça peut parfois. Ça passe sous le radar, personne s'en rend compte mais il sait qu'il peut appeler spontanément.

Mais simplement le Centre de Contrôle Opérationnel d'Air France prévient la cellule des coordinateurs de permanence du CIRP Air France alors on appelle ça des volontaires, c'est des pilotes qui sont bénévoles (en anglais on dit volontaires c'est ça c'est le mot qui me vient) pour offrir du soutien donc il y a des coordinateurs il y a 5 coordinateurs, 4 ou 5, qui demandent à des collègues s'ils sont disponibles pour offrir du soutien à un de leurs collègues qui vient de vivre un truc potentiellement traumatisant.

Et il y a 1, 2, 3 appels jusqu'à 3 appels et au-delà le bénévole réoriente en général vers une personne qui est plus compétente pour prendre soin de ce qui dépasse ses compétences en fait.

C'est une sorte d'urgentiste émotionnel on pourrait dire, avec un engagement à confidentialité, un rappel du fait que la personne n'est pas là pour juger, c'est juste un collègue qui appelle pour écouter, pour savoir comment ça va.

Et en général ça aide à prendre conscience que l'événement a été soit finalement anodin, il ne s'est rien passé la plupart du temps c'est ça, soit parfois, on commence par dire ça s'est bien passé, il n'y a rien à dire, et puis en réalité ça dure trois quarts d'heure, parce qu'au fur et à mesure on se rend compte qu'on a envie d'en parler plus longtemps qu'on imaginait.

Louis

Ça vient faire tilter une fragilité intérieure qui était peut-être déjà là et dont l'événement vient la mettre en résonance.

J'insiste là sur ce CIRP parce que je vois beaucoup de gens autour de nous dans la période qu'on vit qui sont rendus à un stade un peu cynique, considérant l'entreprise, l'État, les communautés, comme des lieux uniquement de violence et de... où chacun devrait survivre tout seul dans une sorte de survivalisme juxtaposé extrêmement brutal.

Et qui se trouve à ne plus croire à rien chaque fois que quelqu'un parle un peu de bienveillance etc... le tourne au ridicule où pourrait essayer de se protéger lui-même au fond en disant :

« Ouais, moi ça va bien tous ces cercles où les gens sont dans la gratitude, la présence, machin... j'en peux plus ! »

Parce qu'ils voient aussi que parfois ça peut être galvaudé et un petit peu artificiel.

N'empêche tout ça je trouve ça très rassurant sur l'humanité sur quand une grande entreprise comme Air France est capable d'avoir en son sein le CIRP.

Alors peut-être qu'elle le fait pour du... du management washing, mais je ne crois pas je pense que les gens sont touchés vraiment par chaque fois qu'on vient chercher la petite part d'humanité qu'ils ont en eux et qui n'attendent que ça de vouloir contribuer à s'entraider.

Dieudonné

Oui, oui. Mais les risques du mot que tu as utilisé, c'est pas greenwashing mais un mot comme ça…

Louis

Greenwashing ou management washing tu vois je ne sais pas comment on pourrait dire…

Dieudonné

C'est ça ! Donc le risque il est toujours là.

Et on y a été confronté. Et on a fait des erreurs et on en a appris et c'est c'est d'ailleurs de ces erreurs et de ces apprentissages que sont nées aussi les envies de créer Mayday-France, une association qui propose d'accompagner d'autres collectifs qui voudraient mettre ça en place.

Et on a eu, il y a deux ans je crois maintenant, la demande de la “Fédération française des pilotes maritimes” qui sont ces marins ces officiers de marine marchande qui montent à bord des gros bateaux qui rentrent et qui sortent des ports pour accompagner l'accostage du bateau ou son départ.

Ils sont 350 en France et on continue à les accompagner pour la mise en place de leur propre système restauratif leur propre CIRP et c'est vraiment magnifique pour nous de voir ça !

Un, parce qu’on a plein de ponts entre nos métiers, les pilotes maritimes et les pilotes de l'air et puis deux parce que c'est très beau de voir comment ça contribue à leur collectif à la robustesse de leur collectif, voilà.

Louis

J'ai eu la chance comme ça d'être convié alors même que pas en auteur de sainteté on pourrait dire j'ai été convié par le syndicat des guides de haute montagne et puis aussi par tout un groupe de géomètres experts dont le métier en fait est tourné tout le temps autour du conflit parce que les bornages de propriété les gens veulent racler le 2 cm du voisin mais au fond même quand ils ont eu les 2 cm c'est pas ça le plus important c'est des générations et des générations de traumatisme sur la question de la propriété du bornage etc…

Et au fond toutes ces choses là, que vous proposez quand t’en parle ça me fait penser à ça en disant :

« mais évidemment il y en a vraiment besoin dans toutes ces corporations de métiers où l'entraide reste la chose la plus importante.

Chez les guides de haute montagne je l'avais vraiment ressenti qu'ils ont déjà de manière instinctive et intuitive une façon de s'entraider quand il y en a un qui a un accident quand il y a quelqu'un... eux ils ont y compris des morts parmi leurs troupes.

Et comment on prend soin de la famille des clients de tous les gens autour.

Dieudonné

Oui, pour les accidents aériens aussi il y a des morts parfois.

Et donc, très beau quand on réussit à le mettre en oeuvre.

C'est pas facile parce qu'il y a plein de vieux réflexes qui ressortent, comme tu dis de vieux réflexes de management.

Le management qui peut avoir peur de perdre quelque chose quand on essaie de mettre en oeuvre un système restauratif comme ça.

Il dit :

« Mais non ! Mais c'est ma raison d'être moi, d'accompagner les gens qui ont vécu un truc difficile ! »

Ben non, en fait un soutien de pair à pair c'est irremplaçable. Un truc qui ne rend pas compte à la hiérarchie, où c'est juste deux collègues qui s'offrent de l'écoute mutuelle c'est irremplaçable. Aucun professionnel ne peut offrir ça. Voilà.

Et donc on peut on peut faciliter que ça se mette en oeuvre ça.

Donc là j'ai mis des liens vers “Faciliter le dialogue” et “Piloter et faciliter” parce que pendant la crise sanitaire j'ai essayé de voir ce que je pouvais apporter de mon métier qui pouvait servir à la situation.

Donc j'ai essayé de le mettre par écrit.

Et puis il y a eu les rencontres avec Réinfo Bordeaux et des soignants suspendus.

C'est-à-dire qu’après la... comment dire, le premier choc on a réussi à la demande de ces soignants suspendus à créer à créer du dialogue aussi sur ces questions-là dans notre groupe de pratique et de recherche, voilà.

Et ça c'est aujourd'hui encore très vivant sur ces questions-là.

Alors voilà :

“Coronacrise et justice restaurative”, est-ce que ça pourrait être un prochain exemple ?

Donc là, j'ouvre des portes à travers la diapo suivante.

Tout le monde se souvient sans doute, enfin pas forcément tout le monde mais en 1996 les “commissions vérité et réconciliation“ en Afrique du Sud initiées par Nelson Mandela : ça c'est quelque chose de très puissant qui avait été porté aussi par Desmond Tutu.

Il y a un film qui retrace ça. Avec des acteurs très connus : Juliette Binoche et Samuel Jackson et c'est John Borman Borman je crois et d'ailleurs c'est un tout petit je ne pense pas qu'on arrive à lire ce qui est marqué en bas de l'affiche mais dans l'affiche française il est écrit en bas :

« Seul du pardon naît l'amour »

C'est une citation de Nelson Mandela.

Je trouve assez beau qu'ils aient osé mettre ça sur l'affiche : seul du pardon naît l'amour. Et Dieu sait que des horreurs il y en a eu pendant l'apartheid ça il n'y a pas besoin de s'étendre sur le sujet je pense que c'est assez clair pour tout le monde.

Alors un autre endroit où ça s'est vécu c'est avec ce film documentaire Cleveland contre Wall Street dont le réalisateur a eu l'idée après la crise des subprimes. Il a eu l'idée d'inviter les véritables protagonistes du drame de la crise des subprimes à faire un procès. Puisqu’il y avait les avocats de la ville de Cleveland qui avaient porté plainte contre 21 banques et qu'ils n'avaient pas obtenu ils n'avaient pas réussi à obtenir que ça soit traduit en justice dans le système judiciaire classique et bien il s'était dit c'est pas grave on va organiser le procès et on va le filmer, avec les véritables protagonistes.

Et il a réussi à faire ça et c'est magnifique je dirais que c'est presque... peut-être que ça a aboutit mieux que si ça avait été un vrai procès parce que comme les gens qui savaient qu'il n'y aurait pas de sanctions à la sortie. Peut-être qu'ils ont osé dire plus la vérité que s'ils avaient risqué d'être sanctionnés à la sortie.

Il y a justement un très beau passage dans le film où on voit le gars qu'on voit sur l'affiche qui était dealer au départ qui est remercié par une des victimes de ses actes. C'est-à-dire que lui après avoir dealé de la drogue il a dealé des prêts véreux et une des victimes de ces dégâts collatéraux est venue le remercier d'avoir osé venir témoigner de comment il avait été un des rouages de ce sinistre scénario.

Donc ça aussi c'est un documentaire qu'on peut voir qui est disponible sur internet. Je mets le lien à la fin vers la page où je rassemble des liens vers tout ça.

Alors une autre piste c'est s'entraîner à faciliter le dialogue je viens d'en parler pendant tout ce temps donc je ne vais pas m'étendre là-dessus.

Je veux juste pointer la transcription du dialogue entre une personne violée et son violeur avec Marshall Rosenberg pour faire le médiateur voilà là ça c'était très apprenant pour moi. Ça s'appelle “Marshall Rosenberg et la justice restaurative”.

Pour s'entraîner à faciliter il y a aussi les groupes de pratique et de recherche en système et cercles restauratif donc là je ne m’étends pas là-dessus.

Mais il y a aussi Byron Katie et Gabor Maté. Donc Byron Katie je vous en ai parlé mais dans le lien que je donne il y a celui où Byron Katie accompagne une personne qui a été violée par son beau-père et qui en reste traumatisée jusqu'à je ne sais pas 30-40 ans je ne sais pas. Et on entend on voit dans la transcription et on entend…. je ne sais pas si on entend je ne sais pas si c'est en ligne... mais en tout cas dans la transcription on voit comment cette femme grâce à l'accompagnement que lui offre Byron Katie passe des pleurs au rire en moins d'une minute. Et c'est impressionnant de puissance cette approche-là.

Pareil, Gabor Maté, si vous ne connaissez pas encore je vous recommande c'est magnifique. C'est un médecin qui était accro : il avait un comportement addictif qui l'amenait à se mettre même en danger jusque dans son métier. Et il est rentré dans le problème, dans son traumatisme en accompagnant d'autres personnes accro, d'autres personnes dépendantes et il en est ressorti avec une compréhension intime des traumatismes à l'origine de ces dépendances. Et il en est sorti un documentaire qui s'appelle “The Wisdom of Trauma” (“La Sagesse du Trauma”) qui est magnifique. Donc je vous le recommande. Et puis il a aussi pas mal de vidéos en ligne, voilà.

Ce film là [“Je verrai toujours vos visages”] je crois qu'il commence à être assez connu en France : qui indique la justice restaurative dans le monde judiciaire en France. Donc le seul bémol que je mettrai à ce film c'est que ça pourrait amener à croire que la justice restaurative ça ne pourrait marcher que dans le monde judiciaire.

En réalité les principes sont valables au delà du monde judiciaire. On n'est pas obligé d'attendre d'être reconnu pénalement coupable ou victime pour faire appel à la justice restaurative.

Et puis enfin il y a ce petit extrait de vidéo dans lequel un certain Louis Fouché donne sa compréhension du “ni oubli ni pardon”. J'ai mis en ligne juste cet extrait en deux minutes et en sept minutes : ceux qui veulent aller voir peuvent cliquer sur le lien en bleu. Ils retrouveront ces pistes là que j'ai recensées et que je continue à rassembler.

Je pense à une autre page qui s'appelle “Corruption systémique” et un film avec Curd Jürgens qui joue “Le général du diable”, un nom comme ça, je crois que le film s'appelle comme ça et qui est magnifique sur la transformation d'un pilote de guerre héros de la première guerre mondiale qui devient un haut gradé sous le régime nazi et qui s'embarque dans la folie collective du nazisme. Mais qui à un moment prend conscience de cette folie là et se retourne.

Et la séquence où on voit Curd Jürgens qui prend conscience, tout d'un coup, de cette folie dans laquelle il était embarqué, c'est assez beau à voir.

Donc en fait il y a plein, il y a plein d'endroits qui illustrent ce changement de paradigme.

Il n’y a que notre créativité comme limite.

Voilà !

Louis

Merci beaucoup pour tous ces exemples toutes ces possibilités aussi de défricher d'aller plus loin.

J'espère que ça donne envie aux gens qui nous qui nous regardent de... bah voilà, d'essayer de commencer à mettre de la lumière sur cette question des conflits de la souffrance c'est notre expérience quotidienne permanente c'est pas... comme comme tu le dis, c'est pas que dans le monde judiciaire.

Tout autour de nous tout le temps partout. Et on a quelque chose à y faire quelque chose à réparer, à restaurer, on peut chacun être les tisserands de cette réparation, cette restauration.

Donc merci pour ce partage Dieudonné ça donne de l'espoir et de la joie.

Moi c'est mon rêve aussi, c'est qu'à la fin il puisse y avoir une commission de réconciliation, vérité réconciliation autour du covid, qu'on arrive à se poser tranquillement dans un cercle de sécurité, où on arrive à aborder des choses.

Pour le moment c'est encore pas facile. J'avais dit plusieurs fois, j'avais pris l'exemple du Népal où il avait fallu 25 ans entre le moment des actes et le moment où les gens avaient réussi à se mettre autour d'une table pour en parler. Donc le temps est aussi un outil intéressant. Parfois c'est trop vif, c'est trop chaud et il y a besoin de laisser redescendre un petit peu, pour qu'on puisse enfin en parler de manière un peu plus apaisée.

Tu l'as dit, des histoires de viol ou de choses comme ça intrafamilial parfois c'est ici de 20 ans 25 ans avant de pouvoir commencer à être touché du doigt tellement c'est violent.

Dieudonné

Donc la bonne nouvelle au sujet de ces commissions vérité et réconciliation auxquelles tu aspires c'est que tu peux commencer demain avec tes voisins tu fais un groupe de pratique et de recherche et tu verras des gens pas vaccinés et des gens vaccinés venir avoir envie d'en parler ensemble et c'est ce qui s'est passé dans une de nos dernières rencontres de notre groupe de pratique et de recherche.

Le sujet est venu sur la table grâce au fait que que je revenais de... ah oui alors ce qui se passait c'est qu'on a fait un groupe de soutien. Nathalie a eu l'idée de créer un groupe de soutien la veille de notre groupe de pratique et de recherche et dans ce groupe de soutien la raison d'être de ce groupe de soutien c'est d'offrir du soutien à des porteurs de projets en lien avec la communication non-violente ou les cercles restauratifs et à l'occasion d’un ces groupes de soutien moi je revenais de Liège dans le cadre des de l'association des “Navigants libres” dont on a entendu parler récemment avec Diane Protat et Frédéric Baldan, voilà c'est ça. Dans le cadre de la plainte contre Ursula von der Leyen et Pfizer et etc... et cet cette ami qui participe à notre groupe de soutien et à notre groupe de pratique qui est là depuis longtemps, lui a une position différente de moi par rapport à la crise sanitaire. Et on n'avait jamais vraiment été loin dans dans ce dialogue dans un groupe de pratique et de recherche.

On l'avait abordé une fois mais on n'avait pas ouvert ça à tout le groupe. Et là, la dernière fois on a ouvert ça à tout le groupe et ça a été magnifique parce qu'il y a eu plein de de prise de conscience de partage émotionnel et ça a commencé à ouvrir.

Donc c'est accessible…

Louis

Et cette personne en plus n'était pas forcément rompue au cercle restauratif par ailleurs elle était dans les navigants libres c'est ça ?

Dieudonné

Alors là il y a deux sujets différents : oui chez les navigants libres les cercles restauratifs, les systèmes restauratifs pour l'instant j'en ai juste parlé mais il n'y a pas eu de pratique.

Là je te parle dans notre groupe de pratiques et de recherche il y a des personnes vaccinées et des personnes pas vaccinées. Et le sujet on l'avait un peu abordé mais on n'avait pas été très loin et là un jour on s'est dit on va l'aborder frontalement : voilà, on va dire on met ça et on se dit qu'on est tous potentiellement facilitateurs parce que comme on est tous impactés on se dit on est tous potentiellement facilitateurs.

Et quand il y en avait un qui dérapait et bien c'était un autre qui le rattrapait qui lui disait attends là c'est telle question est-ce que tu es d'accord de tenir au processus... de s'accrocher au processus ? Voilà.

Louis

C'est très rassurant à la fois de voir qu'on peut se remettre en lien avec les gens sur des sujets qui nous ont tous séparés ces dernières années il y a toujours un espace de sécurité dans lequel on peut se retrouver et que c'est très fécond d'aller au contraire crever l'abcès et en parler.

Et puis l'autre chose qui pourrait rassurer ceux qui nous écoutent c'est qu'au fond on peut à la fois animer des cercles restauratifs et des groupes autour de ça et porter plainte contre Ursula von der Leyen : ça n'est pas antithétique. [rires]

Je pense pour toutes les objections qu'on pourrait recevoir vous êtes des utopistes idéalistes etc... vous vivez dans un monde de bisounours, c'est pas ça la vraie vie.

Si si c'est exactement ça la vraie vie je crois. Et ça n'avance que parce qu'il y a quelques idéalistes qui ont envie de faire bouger les choses.

Dieudonné

Et il y a encore plein d'avocats qui ne connaissent pas la justice restaurative ! [rires]

Louis

Il y a du boulot à faire. C'était une des spécificités des groupes réinfo tu en as parlé avec réinfo Bordeaux mais dans plein de groupes réinfo pendant le Covid il y a des formateurs en communication non-violente qui sont venus, qui ont aidé justement à apaiser le conflit, à essayer de trouver comment est-ce qu'on pouvait se reparler, à ne pas dire que c'était la faute de l'un ou de l'autre mais à essayer de trouver justement la demande, le projet commun qu'on peut faire naître, pas à partir de la souffrance, mais de la beauté qu'on a envie de contacter à partir de ça.

Donc c'est depuis le début de ce qui se vit ces dernières années ça fait partie de ce qu'on essaye d'ouvrir !

Donc merci de proposer des pistes pratiques.

Dieudonné

Avec plaisir.

Louis

... et profondes. Est-ce que tu veux dire un dernier mot pour conclure

Dieudonné

De te remercier de m'avoir donné l'occasion de partager quelque chose qui me tient très à cœur et puis de dire que comme toi je suis impressionné de toutes les belles découvertes que je fais malgré les turbulences qu'on traverse.

Comme par exemple ce dont j'ai pris conscience avec une des conférences de Philippe Guillemant : qu'on pouvait se laisser guider par l'amour et on avoir confirmation... et avoir la joie et la paix pour le confirmer. Voilà une autre phrase compacte que je garde en plus de celle que je vous l'ai dite c'est : « l'amour pour guider nos choix et la joie pour les confirmer... la joie et la paix pour le confirmer ».

Louis

Merci beaucoup pour tout ça et à très bientôt et on pourra en reparler refaire des des vidéos autour de tout ça autour de l'école autour d'autres dimensions vous raconter tout ce qui se passe de beau.

Puis si vous voulez essayer de nous joindre Dieudonné ou moi pour raconter comment vous mettez en place des cercles restauratifs des systèmes restauratifs ou comment vous n'y arrivez pas aussi ça c'est très intéressant chaque fois qu'on bute sur un problème au fond c'est encore une fois l'émulsion de la théorie et du réel qui vont frotter l'un contre l'autre et faire évoluer la théorie faire évoluer le réel et permettre de trouver des solutions différentes.

Très bonne journée. Au revoir.

Dieudonné

Salut.

Dieudonné

So, I'll continue with the practicalities: how do I go about it?

So this slide was the last one I used in 2018.

I was pointing to the CerclesRestauratifs.org website, which today shows how to set up a practice and research group.

We've put together a starter kit. And we've also created a forum based on framavox. So that we can ask questions throughout the French-speaking world and move forward together on this way of working.

Louis

And find friends close to home, because sometimes it's not in the immediate circle in which you live. You say to yourself:

"With whom am I going to set up a circle of practice and research, a Restorative Circle? I don't know."

And the reality is that a lot of people are concerned about what's affecting us today.

But you can't see them.

So the forum is useful for that.

Dieudonné

There's an atlas where you can see which groups already exist and which are closest to you.

You can also create one and add it to the atlas, saying, "I'm in.

Or on the forum, you can say, I'm interested in a particular region.

I'd like to set up a practice and research group.

Are there any other interested parties in the region?

You can create sub-groups within the framavox.org group.

Or we can create a completely different group.

In our region, in Bordeaux, we have created a framavox group for participants in our practice group.

And there are around sixty participants in this framavox group in the region.

What's more, there are always at least a dozen of us meeting one day a month.

From 10am to 5pm.

We do one day a month with a Spanish hostel.

Louis

In the groups that exist thanks to Covid, thanks to the beauty that has been touched by this crisis and this suffering.

Many groups came together, initially to demonstrate, to take to the streets, to do things that were at odds with the system.

But now they may need a different kind of fuel.

This fuel is about trying to build peace, trying to do permaculture together, putting our feet up like the little Pygmies we see next door.

It's more fun than going out to fight [laughs].

And so, to all those who would like to build, to create this, you can see that there are resources available and there is already everything you need to meet.

Dieudonné

And that's it.

So, after you suggested this recording that we're making together, I've added three slides to illustrate a bit the questions I outlined earlier.

That's how you create a restorative system.

And then I talked about these three circles.

We often talk about restorative circles, but in fact we're talking about one of these three circles.

The first is the restorative system.

And we'll see that there are three simple questions for creating this restorative system.

After that, there's the restorative process on which we've all agreed, which includes the pre-circles, the circle and the post-circles.

And then there's the physical circle itself, where we all get together physically, or by video, or whatever means we choose.

So, to create a restorative system, we talk about "three systemic questions", which are quite simple.

Likewise, the idea is to remain very accessible.

And the three questions I asked you earlier, when a disagreement, tension or conflict arises, what do we usually do that works?

What do we usually do that doesn't work so well?

And how would you like it to be?

So it's all very simple.

And I insist on the dream, because as in permaculture, it's often the stage that is most neglected, even though it's the most important.

It's really time to open up your brain and dare to dream big, because it can become something very, very beautiful, very important in your community.

Something to be very, very proud of, that it exists, very, very happy that it exists in our group.

And that's it.

So if you want to find out more from the source, Dominic Barter has an English-language site.

And that's it.

And now I'm going to take a look, if you like, if you like, Louis, at some examples that have worked, because that was one of the questions you asked me, you told me to give examples that have worked.

And here, to find these examples, I've gone back to the sentence I gave you, with the three key words, safety, intensity and beauty.

And then I went to find out what had worked for me since I'd discovered this approach, in which I'd been directly or indirectly involved.

So the first example was a half-simulated restorative circle for a tension I was experiencing with our son, who was 25 at the time, over there.

And he was living at home, and he spent a lot of time playing network games, and I was pretty desperate about that, because it didn't inspire confidence that he was going to find a job he liked.

So I put pressure on him.

I thought that if I put pressure on him, it would help him to get out of the nest.

And in fact, it didn't work at all, but I didn't realise it.

I was just watching in despair as our relationship deteriorated, but I wasn't getting the result I was looking for.

And until I do this half-simulated restorative circle, the initial aim of which is not to resolve the tension, with the example that is brought.

Initially, a half-simulated circle was designed to practise facilitating a circle, not to resolve conflicts.

But it turns out that there are often positive side-effects.

It made me realise that Loïc was already under enough stress as it was, and that the relaxed air he was putting on was just a way of masking the suffering he was already in.

And yet I had clues that I wasn't seeing, like the fact that he was biting his nails, for example.

And thanks to this half-simulated circle, I was able to realise this, and then I was able to come back to him afterwards and say, listen, Loïc, I've realised that you were already experiencing enough stress as it was, that there was no need for me to add to it.

And he said, "Well, it's about time! [laughs]

And so I said to him, now I'm going to leave you alone, I'm going to leave you in peace, you'll always have room and board at home, you'll always have that security, because I'd always rather have you at home than under a bridge.

But in any case, I'm going to stop putting pressure on you, I'm going to consider you fully responsible for your life choices from now on.

And indeed, in the weeks that followed, he found himself a job and began to get his foot in the door of his professional life and a job that he loves today, as an IT developer.

I jokingly say that I had no idea when I stopped him from playing his Game Boy when he was little, that I was preventing him from preparing for his future profession.

And that's it. [laughs]

And then, the thing I want to point out here, which helped me in this stage, was Byron Katie, who is another way of illustrating these three key words, security, intensity, beauty, because she proposes a work on her site TheWork.org, which is also translated into French, and which is extremely powerful.

So, for those of you who don't know him, I recommend you check out his website.

There are plenty of videos translated into French too.

And I can confirm one of the phrases she says, "our loved ones are our best educators", I experience this every day.

And that's it.

She wrote a book in 2003, which was translated into French in 2018 as "Aimer ce qui est".

Another example that works, and has worked, is the inner restorative circle.

You can cut me, Louis, any time you like.

Louis

Yes, yes.

Dieudonné

The inner restorative circle is a variation on the half-simulated restorative circles we explored in our practice and research group.

Here, the person who brings the situation, which is going to be used as a teaching aid, is in a rather special situation because it's a conflict between different parts of herself, between different parts of herself.

She is experiencing an inner conflict.

She has succeeded in identifying different parts of herself and offers this as a teaching aid.

So it's very involving because you're exposing a very personal vulnerability to others.

But every time we've dared to do it, it's been a real learning experience for everyone.

Both for the person who brought his situation and for the others who were present, too.

And that's it.

Implementation of the principle of joint financial responsibility.

So you've experienced that too, Louis.

Was it during a session with...

Louis

Yes, in La Ciotat, we had already done this, "sit around the money pot".

And everyone was empowered to say how much they wanted to take, how much they wanted to give, how much they needed and how much they thought it was fair to give.

So that was a far cry from the usual model of a fixed price where there's 20 euros, the conference, I don't know what, or 15 euros.

No, everyone did what they wanted.

You weren't the only ones likely to dip into the money pot.

you reminded us that Coluche did that at home too?

Dieudonné

I'd forgotten.

Louis

He always left a pot of money available for people who came.

Dieudonné

And every time we've experienced it, it's been really powerful, because money can also be a source of emotional tension.

And it's actually, it's the same thing, a magnificent gateway to unblocking, in fact, very often.

So we can testify that we've been there many times.

And that's it.

L'oasis du Coq à l'âme is an oasis inspired by Pierre Rabhi's oases.

And here, the participants, the pioneers of this oasis, have been taking part in our practice and research group for several years.

And so they equipped themselves to be more robust, to weather the turbulence to which they knew they would inevitably be exposed.

So, another example of what worked.

This is where we move into the field of education.

So I'm not going to say too much.

It would be great if you could ask Nathalie to tell you how it worked, as she was an instite for 20 years and is still active.

Just recently, we were in Libourne, at the Lycée de Libourne again.

We were there together, and she asked me to go with her so that she could experiment with half-simulated circles there.

And that's it.

Louis

Particularly as the classroom and school are by their very nature a circle of security that supplements the family circle and is sometimes more secure than the family circle for some, and where you can experiment with many things other than the hierarchical orders already established by family history, etc.

So, for me, school is a great excuse to go and talk about restorative circles and what's more, as usual, it's going to have a lifelong impact on the children who have had access to it.

Dieudonné

And so I say to you, in my opinion, it would merit a specific interview on this subject and preferably with Nathalie because she knows this environment much better than I do.

I'm still a bit traumatised by school.

I'd better not talk about it. [laughs]

I'd like to take this opportunity to point out that the links in blue, well, the words in blue are links, so you can click on them to find out more about each subject.

And so, if I've given you the PDF, you can share it from this slideshow.

Another very good example of what has worked and is directly linked to what we've discovered is the experience of Fabrice Gand, a friend of mine. A friend who started out as an orchestral musician and who one day decided to redirect his life more in the direction of what we're describing here.

He became a NVC mediator and together we gave non-violent communication sessions in prisons. And he came up with the idea of taking five students from Sciences Po in Bordeaux with him for five days, among whom there might later be magistrates likely to hand down prison sentences and warders to accompany them.

Five prisoners, five students and five supervisors spent five days on the roads to Compostela, and he made a documentary about it called "A égalité une justice en chemin", which you can see by clicking on the blue links in the slideshow.

Initially it was on Vimeo, but Vimeo didn't work any more, so now it's on Peertube, which is a free alternative to YouTube that deserves to be better known.

So that's another example that worked for me, because I was involved in a fairly intense conflict situation at Air France, which meant that I had to go to sleep and wake up with this issue for five days and not fly for five days.

And at the end of it I benefited from a half-simulated circle which enabled me to reconnect with the humanity of the people with whom I imagined I was in conflict and it gave me enough confidence in myself to go and meet them. And trust was restored.

And following that, the Director of Flight Operations Eric Schramm, who was at the time the boss of 20,000 people, entrusted me and a colleague with the creation of the CIRP at Air France, which still exists today, and with which I am still in contact.

And that's it. It's something that already existed in other airlines, first in Germany and the United States, then in Germany, then at KLM and then it gradually came to Air France.

And today Air France is quite proud of this, because it allows colleagues who have experienced something that could potentially leave them traumatised if no one takes care of it, to go under the radar.

It can happen sometimes. It goes under the radar, nobody realises it, but he knows he can call spontaneously.

But Air France's Operational Control Centre simply notifies the Air France CIRP duty coordinators' cell, so we call them volunteers, pilots who volunteer (in English we say volunteers, that's the word that comes to me) to offer support, so there are coordinators, there are 5 coordinators, 4 or 5, who ask colleagues if they are available to offer support to one of their colleagues who has just experienced something potentially traumatic.

And there are 1, 2, 3 calls up to 3 calls and beyond that the volunteer generally redirects to a person who is more competent to take care of what is in fact beyond their competence.

It's a sort of emotional emergency doctor, you might say, with a commitment to confidentiality, a reminder that the person is not there to judge, just a colleague who calls to listen, to find out how things are going.

And in general it helps to realise that the event was either harmless in the end, nothing happened most of the time, that's it, or sometimes you start by saying it went well, there's nothing to say, and then in reality it lasts three quarters of an hour, because as you go along you realise that you want to talk about it for longer than you imagined.

Louis

It brings to the surface an inner fragility that may have already been there, and the event brings it into resonance.

I insist on this CIRP because I see a lot of people around us in these times who have reached a rather cynical stage, seeing the company, the State, the communities, as places where only violence and... where everyone has to survive on their own in a kind of extremely brutal juxtaposed survivalism.

And who finds himself no longer believing in anything every time someone talks a little about benevolence etc... ridicules him or might be trying to protect himself by saying:

"Yeah, I'm fine with all these circles where people are in gratitude, presence, whatever... I can't take it any more!

Because they also see that sometimes it can be overused and a little artificial.

All the same, I find it very reassuring about humanity when a major company like Air France is able to have the CIRP on board.

So maybe she's doing it for... management washing, but I don't think that people are really touched by every time we come and look for the little piece of humanity that they have in them and which is just waiting for them to want to help each other.

Dieudonné

Yes, that's true. But the risks of the word you used, it's not greenwashing but a word like that...

Louis

Greenwashing or management washing, you know, I don't know what you'd call it...

Dieudonné

That's it! So the risk is always there.

And we were confronted with it. We've made mistakes and learnt from them, and it's from these mistakes and learnings that we've decided to set up Mayday-France, an association that offers support to other groups who want to set up similar initiatives.

And two years ago, I believe, we received a request from the "Fédération française des pilotes maritimes" (French Federation of Maritime Pilots), who are the sailors and merchant navy officers who board large ships entering and leaving ports to accompany the ships as they dock or depart.

There are 350 of them in France and we're continuing to help them set up their own restoration system, their own CIRP, and it's really wonderful for us to see that!

Firstly, because we have a lot of bridges between our professions, maritime pilots and air pilots, and secondly because it's great to see how this contributes to their collective strength.

Louis

I was lucky enough to be invited, even though I'm not a saintly person, you might say, I was invited by the high mountain guides' union and also by a whole group of surveyors whose profession is in fact always centred around conflict because when property boundaries are drawn up, people want to scrape off the neighbour's 2 cm, but when it comes down to it, even when they've got the 2 cm, that's not the most important thing, it's generations and generations of trauma over the question of property, boundaries etc...

And basically, all these things you're proposing when you talk about them make me think of saying:

"But of course there's a real need for it in all these professions, where helping each other is still the most important thing.

I really felt that mountain guides already have an instinctive and intuitive way of helping each other when someone has an accident... They even have their own dead.

And how we take care of our customers' families and everyone else around us.

Dieudonné

Yes, air accidents also sometimes result in deaths.

And very beautiful when you manage to put it into practice.

It's not easy because a lot of old reflexes come to the fore, as you say, old management reflexes.

Management who may be afraid of losing something when we try to implement a restorative system like this.

He said:

"But no! But that's why I exist, to support people who have been through something difficult!"

Well no, in fact peer-to-peer support is irreplaceable. Something that's not accountable to the hierarchy, where it's just two colleagues listening to each other, is irreplaceable. No professional can offer that. And that's it.

So we can make it easier for you to implement this.

So here I've put links to "Facilitating dialogue" and "Steering and facilitating" because during the health crisis I tried to see what I could bring from my profession that could be useful to the situation.

So I tried to write it down.

Then there were the meetings with Réinfo Bordeaux and the suspended carers.

In other words, after the... how to put it, the initial shock, we managed, at the request of these suspended carers, to create a dialogue on these issues in our practice and research group.

And these issues are still very much alive today.

So here goes:

Could "Coronacristy and restorative justice" be the next example?

So I'm going to open some doors in the next slide.

No doubt everyone remembers, well not necessarily everyone, but in 1996 the "truth and reconciliation commissions" in South Africa initiated by Nelson Mandela: that was something very powerful that was also championed by Desmond Tutu.

There's a film about it. With very famous actors: Juliette Binoche and Samuel Jackson and it's John Borman Borman I think and besides it's a very small I don't think you can read what it says at the bottom of the poster but in the French poster it says at the bottom :

"Only forgiveness gives birth to love".

This is a quote from Nelson Mandela.

I think it's quite beautiful that they dared to put this on the poster: only forgiveness can give birth to love. And God knows there were horrors during apartheid, there's no need to dwell on the subject, I think it's clear enough for everyone.

Another place where this happened was in the documentary film Cleveland v Wall Street, whose director came up with the idea after the subprime crisis. He had the idea of inviting the real protagonists of the subprime crisis drama to take part in a trial. Since the lawyers for the city of Cleveland had filed a complaint against 21 banks and had not succeeded in having it brought to justice in the traditional legal system, he said to himself, "It doesn't matter, we'll organise the trial and film it, with the real protagonists".

And he managed to do that and it's magnificent, I'd say it's almost... maybe it was more successful than if it had been a real trial because people knew that there wouldn't be any sanctions when they got out. Maybe they dared to tell the truth more than if they'd risked being punished when they got out.

There's a very nice passage in the film where the guy on the poster, who started out as a drug dealer, is thanked by one of the victims of his actions. In other words, after dealing drugs, he dealt in bad loans and one of the victims of this collateral damage came to thank him for having dared to come and testify about how he had been one of the cogs in this sinister scenario.

So this too is a documentary available on the Internet. I'll put the link at the end to the page where I put together the links to all this.

Another approach is to practise facilitating dialogue. I've been talking about this all this time, so I won't go into it too much further.

I'd just like to point out the transcript of the dialogue between a raped person and his rapist with Marshall Rosenberg as mediator - that was a great learning experience for me. It's called "Marshall Rosenberg and Restorative Justice".

For training in facilitation, there are also practice and research groups in restorative systems and circles, so I won't go into that here.

But there's also Byron Katie and Gabor Maté. So Byron Katie I told you about, but in the link I gave you there's one where Byron Katie accompanies a person who was raped by her stepfather and who remains traumatised by it until she's I don't know 30-40, I don't know. And we hear we see in the transcript and we hear.... I don't know if we hear I don't know if it's online... but in any case in the transcript we see how this woman, thanks to the accompaniment that Byron Katie offers her, goes from crying to laughing in less than a minute. And the power of that approach is impressive.

Likewise, Gabor Maté, if you haven't heard of it yet, I recommend it, it's magnificent. He was a doctor who was addicted: his addictive behaviour led him to put himself in danger, even in his job. And he went into the problem, into his trauma, by accompanying other addicts, other addicted people, and he came away with an intimate understanding of the traumas at the root of these addictions. And he came out with a documentary called "The Wisdom of Trauma", which is magnificent. So I recommend it. And he's also got quite a few videos online, so there you go.

This film ["Je verrai toujours vos visages"] I think is starting to become fairly well known in France: it shows restorative justice in the judicial world in France. So the only downside I would put to this film is that it could lead people to believe that restorative justice could only work in the legal world.

In reality, the principles are valid beyond the world of justice. You don't have to wait until you've been found guilty or a victim of crime to use restorative justice.

And then there's this little video extract in which a certain Louis Fouché gives his understanding of 'neither forgetting nor forgiving'. I've put just this two-minute and seven-minute extract online: those who want to see it can click on the blue link. They'll find these ideas that I've compiled and that I'm continuing to put together.

I'm thinking of another page called "Systemic Corruption" and a film with Curd Jürgens who plays "The Devil's General", a name like that, I think that's what the film is called, and it's a magnificent film about the transformation of a war hero pilot from the First World War who becomes a high ranking officer under the Nazi regime and becomes embroiled in the collective madness of Nazism. But at some point he becomes aware of this madness and turns around.

And the sequence where we see Curd Jürgens suddenly become aware of the madness in which he has been embroiled is quite beautiful to watch.

So there are lots and lots of places that illustrate this paradigm shift.

Our creativity is the only limit.

That's it!

Louis

Thank you very much for all these examples, all these opportunities to explore further.

I hope it makes people who are watching us want to... well, to try to start shedding some light on this issue of conflict and suffering, which is our day-to-day, ongoing experience, it's not... as you say, it's not just in the legal world.

All around us, all the time, everywhere. And we have something to do, something to repair, to restore, and we can each be the weavers of this repair, this restoration.

So thank you for sharing Dieudonné, it gives us hope and joy.

My dream, too, is that in the end there will be a commission for reconciliation, truth and reconciliation around covid, that we will be able to sit down quietly in a safe circle, where we can talk things through.

For the moment it's still not easy. I've said this several times, using the example of Nepal, where it took 25 years from the time the acts were committed to the time when people were able to sit down and talk about it. So time is also an interesting tool. Sometimes it's too intense, it's too hot, and you need to let it subside a little, so that you can finally talk about it in a calmer way.

As you said, stories of rape or things like that within the family sometimes take 20 to 25 years to start being touched because it's so violent.

Dieudonné

So the good news about these truth and reconciliation commissions that you're aspiring to is that you can start tomorrow with your neighbours. You can set up a practice and research group and you'll see people who haven't been vaccinated and people who have been vaccinated wanting to talk about it together, and that's what happened at one of our last practice and research group meetings.

The subject came up because I'd just come back from... ah yes, so what happened was that we set up a support group. Nathalie had the idea of setting up a support group the day before our practice and research group, and the purpose of this support group is to offer support to people with projects linked to non-violent communication or restorative circles, and during one of these support groups I'd just come back from Liège as part of the "Navigants libres" association that we'd heard about recently with Diane Protat and Frédéric Baldan. In the context of the complaint against Ursula von der Leyen and Pfizer etc... and this friend who is part of our support group and our practice group, who has been there for a long time, has a different position from me on the health crisis. And we'd never really got very far in this dialogue in a practice and research group.

We'd touched on it once before but we hadn't opened it up to the whole group. The last time, we opened it up to the whole group and it was wonderful because there was a lot of awareness of emotional sharing and it started to open up.

So it's accessible...

Louis

What's more, this person wasn't necessarily experienced in the restaurant business and was also a free sailor, right?

Dieudonné

So there are two different subjects: yes, among free sailors, restorative circles, restorative systems, for the moment I've just talked about them but there hasn't been any practice.

In our practice and research group, there are people who have been vaccinated and people who have not. And we'd touched on the subject a little, but hadn't got very far, and then one day we said to ourselves, we're going to tackle it head-on: here we are, we're going to put this on and say to ourselves that we're all potential facilitators because, as we're all affected, we say to ourselves that we're all potential facilitators.

And when one of them slipped up, another one caught up with him and said wait a minute, this is such and such a question, do you agree with sticking to the process? And that's it.

Louis

It's very reassuring to see that you can reconnect with people on issues that have kept us apart over the last few years - there's always a safe space where you can find yourself, and that it's very productive to go and dig out the abscess and talk about it.

And the other thing that might reassure those who are listening to us is that, basically, we can both lead restorative circles and groups around this issue and lodge a complaint against Ursula von der Leyen: it's not antithetical. [laughs]

I think for all the objections we might receive you're utopian idealists etc... you live in a world of care bears, that's not real life.

Yes, I think that's exactly what real life is all about. And things only move forward because there are a few idealists who want to make things happen.

Dieudonné

And there are still plenty of lawyers who don't know about restorative justice! [laughs]

Louis

There's work to be done. This was one of the specific features of the reinfo groups you mentioned with reinfo Bordeaux, but in many reinfo groups during the Covid there were trainers in non-violent communication who came and helped to calm the conflict, to try and find a way to talk to each other again, not to say that it was one person's fault or the other's, but to try and find the demand, the common project that can be born, not from the suffering, but from the beauty that we want to contact from that.

So it's been part of what we've been trying to do over the last few years!

So thank you for suggesting some practical ways forward.

Dieudonné

It would be a pleasure.

Louis

... and deep. Is there anything you'd like to say in conclusion?

Dieudonné

To thank you for giving me the opportunity to share something that's very close to my heart and to say that, like you, I'm impressed by all the wonderful discoveries I'm making despite the turbulence we're going through.

Like, for example, what I realised in one of Philippe Guillemant's lectures: that we can let ourselves be guided by love and have it confirmed... and have the joy and peace to confirm it. Here's another compact phrase that I've kept in addition to the one I told you: "love to guide our choices and joy to confirm them... joy and peace to confirm it".

Louis

Thank you very much for all that, and I'll see you very soon. We'll be able to talk about it again in videos about the school and other dimensions, and tell you all about the great things that are happening.

Then if you want to try and get in touch with Dieudonné or me to tell us how you set up restorative circles, restorative systems or how you don't manage to do so, that's very interesting. Every time we come up against a problem, it's once again the emulsion of theory and reality that rubs against each other and makes theory evolve, makes reality evolve and enables us to find different solutions.

A very good day to you. Have a nice day.

Dieudonné

Hi, there.



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